Modifier ma conception de la douleur - ABC Douleur

Rester positive malgré les écueils

Une histoire comme tant d’autres – Moi et ma douleur

Je m’appelle Joëlle, je suis une femme de 60 ans, avec une vie plus ou moins chaotique. La douleur s’est installée petit à petit dans ma vie, ça fait 24 ans !

Je réalise aujourd’hui qu’une grande partie de mon évolution positive sur cette problématique est liée à mon envie de toujours avancer et découle aussi de l'écoute de personnes qui m'ont guidée sur ce chemin de récupération.

J’ai été diagnostiquée fibromyalgique en 2000, et ça faisait déjà 3 ans que j'avais mal et que je passais d’un médecin à l’autre.

Le premier truc que j’ai eu, c’est qu’un jour je me suis réveillée et que je ne pouvais plus marcher. On m’a prescrit des médicaments et des examens complémentaires qui n’ont rien montré. Ça a duré quelques jours et puis je suis repartie, comme toujours ! Puis, après, ça a été d’autres symptômes au niveau des bras, du dos, du cou, un petit peu partout. Et c’est là qu’a commencé la valse des docteurs. A ce moment-là je pense qu’ils ont pris le meilleur chemin, que c’était la voie qu’il fallait prendre.

Refuser la plainte et le négatif

Les premières années la douleur n’a pas trop évoluée. D’ailleurs quand on m’a donné le diagnostic, dans ma tête je me suis dit « non ça n’est pas possible ». On m’avait envoyée dans une association, où je suis tombée sur plein de dames, et quelques messieurs. Et là, en voyant les gens, je me suis dit « je ne suis pas comme ça, c’est pas possible, je m’en vais ». Déjà physiquement, ces personnes avaient des minerves ou des cannes, mais surtout elles n’étaient là que pour se plaindre « moi je ne peux plus faire ça, moi je ne peux plus faire ci ». Il n’y avait rien de positif.

Je n’ai pas pu assister à une autre réunion, ça n’a pas été possible.

J’ai dit « non c’est pas ça : moi, je n’ai pas ça ; ce n’est pas moi ! Je continue et je n’ai pas ça ! ». Et puis au fil du temps, d’autres symptômes se sont installés, et ça a empiré, ça m’est arrivé.

Dès le départ j’avais cette attitude de refuser, de pas rentrer dans une case et de vouloir faire différemment.

C’était aussi une période où je me suis séparée. Du coup seule avec une jeune enfant, je n’avais pas le choix que d’avancer. Peut-être que ce contexte m’a poussée, mais malgré tout ça n’était pas dans mon tempérament de laisser faire, d’accepter, de me laisser aller.

J’ai eu des années où j’étais au fond du trou, mais mon tempérament a toujours été d’avancer, de faire autrement, de chercher autre chose.

Déclic - une conception de la douleur qui évolue

Aujourd’hui je vois la douleur différemment.

Je m’étais enfermée dans la douleur. C’était comme une carapace dans laquelle je me réfugiais. Ça me permettait de dire « oui mais, je ne peux pas faire ça parce que j’ai mal ». La douleur était parfois comme une excuse qui m’arrangeait. C’était ma carapace.

Maintenant je ne vois plus du tout les choses de la même façon. Même si j’ai mal, je vais quand même faire les choses. Je n’ai pas la même vision de la douleur.

Je ne m’écoute plus. Enfin, je ne veux pas dire que je ne m’écoute plus du tout. Quand je suis vraiment fatiguée, je sais qu’il faut que je me repose. Mais je n’écoute plus la douleur pour décider à ma place. Je ne vais pas m’empêcher d’aller là ou de faire ça parce que j’ai mal (c’est ce que je faisais avant). Maintenant je vais le faire et, même si après j’ai un peu plus mal, je sais que j’aurai fait quelque chose et ce sera bien pour moi.

Je me connais suffisamment maintenant pour savoir où sont mes limites. J’ai appris, j’ai été guidée pour apprendre à identifier où sont mes limites. Je sais faire le tri entre ce qui est bon pour moi et ce qui ne l’est pas. Même si la douleur varie suite à cette activité, je le fais parce que je l’ai décidé.

C’est moi qui choisit et ça n’est pas la douleur qui me fait choisir. Et malgré les conseils de mon entourage qui m’invite à ne pas faire en anticipant d’éventuelles conséquences (« mais non tu ne vas pas faire ça, parce que demain tu ne pourras pas te lever »), je dis « tant pis, on verra » et je fais.

Maintenant c’est moi qui prend la douleur par la main et qui choisis où je veux aller et où on va !

Je me rends compte que cette vision initiale m’a plombée complètement.

Ce qui m’a permis de changer de point de vue, c’est quand j’ai été au plus mal, il y a quelques années, et où j’ai commencé à rencontrer des professionnels qui ont commencé à m’écouter et à me guider. Je crois qu’à ce moment-là je ne me suis même pas rendu compte que j’allais avancer. Je n’ai pas pris conscience du changement à ce moment-là ! Mais cette écoute, ce chemin à suivre était comme une petite lucarne et il fallait que je rentre dedans 😊

D’avoir suivi cette trame d’actions et de rencontres, d’avoir pris cette lucarne, ça m’a permis de changer toute ma conception de la douleur.

Ce retour d'expérience fait partie des témoignages récoltés dans le projet "Moi et ma douleur", avec des objectifs de sensibilisation et d'inspiration.

Vous pouvez partager comment ce vécu vous touche ou résonne pour vous en commentaire.

Vous voulez aller plus loin et vous sentez que c'est le moment pour vous de reprendre la main face à la douleur ? Cliquez ici pour en savoir plus !

3 réponses à “Rester positive malgré les écueils”

  1. Bonjour
    Cette histoire pourrait être la mienne. C’est effarant de penser que finalement c’est banal. Et dans le même temps, cette douleur nous fait parfois faire de belles rencontres. Voir les choses autrement, se ressourcer, accepter cette douleur comme un objet du quotidien, qui est là mais qui ne nous gouverne pas. Moi aussi, je fais ce que j’ai envie et puis, voilà.

  2. Merci Joëlle pour votre partage de vécu qui, comme vous l’exprimez, résonne tellement avec celui de Joëlle qui a témoigné !

    Se reconnaître, se sentir entendu-e, compris-e.

    Peut-être cela semble-t-il effarant aussi parce que justement on n’en parle pas assez, qu’on erre un moment avant de trouver des pistes.
    Alors que la lucarne existe pour tous-tes !

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